Peindre la Martinique , entre lumière et mémoire
Catherine Théodose est une artiste peintre dont l’œuvre entretient depuis plusieurs décennies un dialogue profond avec la Martinique, sa nature, ses couleurs, ses paysages, mais aussi son histoire et son identité.
Née en 1946, diplômée en dessin d’art, elle vit et travaille en Martinique depuis 1971. Elle y enseigne les arts plastiques jusqu’en 1987 avant de se consacrer entièrement à sa création, à ses recherches picturales et à son atelier-galerie, La Villa Métisse, à Fort-de-France.
Son œuvre est immédiatement reconnaissable par la richesse de sa palette et la place qu’y occupe la nature. Végétation foisonnante, mornes, ciels chargés, lumière tropicale : Catherine Théodose puise dans l’environnement martiniquais une matière picturale d’une grande intensité. Mais derrière l’éclat des couleurs et la beauté des paysages se dessine une réflexion plus profonde sur le territoire, son histoire et ceux qui l’habitent. L’écrivain et linguiste Jean Bernabé voyait ainsi dans son travail une peinture profondément inscrite dans la créolité.
Peindre la Martinique n’est donc pas seulement, chez elle, représenter un paysage. C’est dire un lien au pays. Un lien sensible, nourri par les années, les rencontres et ce qu’elle nomme elle-même ses « traces métisses », issues des échanges et des contacts entre les civilisations.
Cette relation au territoire traverse également ses œuvres consacrées à l’histoire et à la culture caribéennes. À la demande d’Aimé Césaire, elle réalise notamment, en 1987 et 1988, dix-sept personnages pour le Théâtre Aimé Césaire à Fort-de-France : parmi eux, le roi Christophe, Béhanzin, Caliban et Prospero. Près de quarante ans plus tard, elle est revenue restaurer ces figures devenues partie intégrante de l’identité du lieu.
En 2026, la Fondation Clément lui consacre l’exposition Contre vents et marées. Catherine Théodose y porte un regard rétrospectif sur son cheminement artistique, « entre un pays donné et un monde choisi », et sur cette longue recherche qui l’a conduite à exprimer, par la peinture, son attachement au « Pays Martinique ».
Chez Catherine Théodose, la Martinique est à la fois paysage, mémoire, émotion et source de création. Une œuvre généreuse et sensible, dans laquelle la couleur donne à voir un territoire autant qu’une manière de l’aimer.
Interview exclusive de Catherine THEODOSE avec Claire Richer sur Zitata TV
À découvrir dans Jamais trop d’art
Peindre un pays, raconter une histoire
Dans cet épisode de Jamais trop d’art, je reçois Catherine Théodose, artiste peintre dont le parcours et l’œuvre entretiennent depuis plusieurs décennies un lien profond avec la Martinique.
Nous revenons sur son chemin d’artiste, son arrivée en Martinique, son enseignement des arts plastiques puis le choix de se consacrer pleinement à la création.
Avec elle, nous entrons surtout dans son univers : la couleur, la lumière, la nature, les paysages, mais aussi tout ce qui, derrière leur beauté, raconte une histoire, une identité et un rapport intime au territoire.
Catherine Théodose évoque également les « traces métisses » qui traversent son travail, ces empreintes laissées par les rencontres entre les cultures et les civilisations et qui nourrissent sa réflexion artistique.
Nous parlons aussi de sa rencontre avec Aimé Césaire, qui lui confie la réalisation de personnages pour le théâtre de Fort-de-France, et de la place qu’occupent l’histoire et la culture caribéennes dans son œuvre.
Au fil de notre échange se dessine le portrait d’une artiste profondément attachée au « Pays Martinique », qu’elle observe, interprète et raconte à travers sa peinture.
Une rencontre autour de la création, de l’identité et de ce lien si particulier qui peut unir un artiste à un territoire.
🎥 À découvrir dans Jamais trop d’art.


