Certaines artistes transforment leurs fragilités en territoires de création.
C’est le cas de Gwladys Gambie, dont l’œuvre, profondément sensible et poétique, interroge la place du corps, de la mémoire et de l’identité féminine dans les sociétés caribéennes.
Née en Martinique en 1988, formée aux lettres, aux sciences de l’éducation puis au Campus Caribéen des Arts, où elle obtient un Master en arts visuels, Gwladys Gambie développe une pratique plurielle mêlant dessin, gravure, sculpture, broderie, performance et écriture.
Son travail donne une place centrale aux corps invisibilisés, en particulier aux corps féminins noirs, qu’elle représente dans toute leur complexité : puissants et vulnérables, délicats et résistants, enracinés dans une histoire collective autant qu’intime.
À travers ses œuvres, elle crée des univers organiques où les corps se mêlent au végétal, au minéral et au monde marin, faisant émerger une esthétique singulière où la douceur côtoie la douleur, et où la poésie devient une manière de dire l’indicible.
Son univers est peuplé de figures hybrides, de paysages oniriques et de créatures symboliques qui interrogent notre rapport à nous-mêmes et au monde.
Entre dessin, sculpture, performance et écriture, Gwladys Gambie construit une œuvre d’une grande finesse, dans laquelle la nature, la mémoire et le corps deviennent les supports d’une réflexion sensible sur la condition humaine et sur les expériences singulières des femmes caribéennes.
L’art de Gwladys Gambie nous rappelle que la douceur n’est pas l’opposé de la force. Elle peut être, au contraire, une manière profonde de résister, de réparer et de réinventer le regard porté sur soi et sur les autres.
Interview exclusive de Gwaldys Gambie avec Claire Richer sur Zitata TV
À découvrir dans Jamais trop d’art
Dans cet entretien, Gwladys Gambie revient sur son parcours, ses doutes, sa relation au corps et à la création, mais aussi sur les figures féminines qui peuplent son imaginaire, notamment celle de Manman Chadwon, cette divinité afro-caribéenne à la fois protectrice et hérissée d’épines.
Nous évoquons également la place de la nature dans son travail, sa relation à la poésie, à la langue créole et la manière dont l’art lui permet d’exprimer ce que les mots ne suffisent parfois pas à dire.
Une rencontre d’une grande délicatesse avec une artiste qui fait de la création un espace de réparation, de résistance et de réconciliation.




